Confinement - Jour 1
batailles choisies #5
En deux mots: Ça se dispute ferme à la maison. Fermez-la, par pitié.
Nan, moi d’abord !
Nan, c’est moi qui l’avais !
Nan, c’est mon jouet.
Nan, je l’ai vu en premier.
Pousse-toi.
Ouiin.
Pif.
Paf.
Bim.
Bam.
Ouiin.
Schlack.
Crac.
Re-ouiin.
En temps de confinement, les disputes entre frères ne sont plus confinées aux soirées, mais se propagent à toutes heures du jour. Si ça perdure, je vais déménager, moi et mon cerveau, aux confins de la folie.
Je suis très vite débordée par les disputes de mes petits. Je rêve qu’ils prennent plaisir à jouer ensemble, apprennent ensemble et deviennent tous deux de bonnes personnes, qui trouvent gratifiant de voir autrui heureux.
« Mes enfants sont pour l’heure des monstres égoïstes »
Malheureusement pour ma confiance dans mes compétences de maman, mes enfants sont pour l’heure des monstres égoïstes, incapables de générosité, prêts à tout pour récupérer le Playmobil machouillé du petit frère, ou parfaitement en accord avec eux-mêmes pour dégommer avec le sourire la tour de Legos patiemment construite du grand frère.
Les isoler, mouaif, je ne sais pas. Quand la dispute éclate et que ça devient dangereux, je les éloigne physiquement. Mais ça ne tient jamais, la quarantaine pour cause de crise aiguë de la propriété privée - les enfants ne sont pas assez disciplinés pour ça. Je les gronde avec le plus de pédagogie possible, j’essaie d’expliquer, de comprendre Monstre 1 qui avait parfaitement organisé ses petites voitures, oui, c’est sûr, tout ce travail, et de comprendre Monstre 2 qui voudrait une voiture, une seule, oui, il peut avoir celle-là, quand même.
Parfois, comme aujourd’hui, je n’y arrive pas et je les regarde, les bras ballants, se disputer.
Aaah, gros soupir.
Grrr, grognement contenu.
Pouf, je me laisse tomber sur le canapé.
Bam, bam, bam, je me tape la tête contre les murs.