Dié!

 

Batailles choisies #397

Pour passer de bébé à enfant terrible plein de volonté, il suffit d’un tout petit mot. 🪜


 

Dernier exprime désormais très clairement ce qu’il veut: il me tire vers la cuisine s’il a soif, me montre du doigt le réfrigérateur s’il a faim, il se gondole dans mes bras pour m’amener devant le vélo en criant “dié!” - oh, non faire du vélo à 20 heures, oh ben c’est un peu tard, mon chou.


“Dié” est son mot unique, magique. Il l’exclame, le déclame, le dit, le crie, le supplie, le hulule, le pullule. 

-Dié!

-Une pêche? Tu veux une pêche?

-Dié!

-D’accord.

-Dié. 

-Quoi? Ah! Sur la terrasse.

-Dié?

-Tu aimes? 

-Dié!

-Oui?

-Dié.

-Une autre?


“Dié” est son point d’exclamation, son point d’interrogation et son point d’orgue. Il le prononce d’une manière amusante, presque comme “dieu!” ce qui m’amuse follement - j’aurais donc engendré un petit gars de la campagne, superstitieux et courbé par le poids de la providence? Dié que l’eau est bonne, dié que tu m’énerves à m’empêcher de monter dans le lave-vaisselle, dié que j’aime te tendre une balle en bois puis en fait non, la garder pour moi et la taper par terre!

Tant de Diéu! me mettent aussi en garde: ce dié prononcé à tout va, c’est l’âge du bébé qui veut, qui sait dire ce qu’il veut, qui sait se plaindre quand il n’a pas ce qu’il veut, qui se dandine dans les bras parce qu’il ne veut pas aller là, mais bien de l’autre côté! Ce n‘est pas juste, Maman, je dis “dié” pour arracher les plants de tomates, parce que c’est si rigolo, et voilà que tu m’emmènes ailleurs! Dié, ce n’est pas possible, je veux, je veux, je veux mettre ma tête dans le placard avec les bocaux en verre! Dié, c’est intéressant, ces céréales qui ont l’air de se renverser facilement!


L’expression de la volonté, c’est essentiel pour son développement mais comme ça fatigue! 

Tiens, d’ailleurs… levons le nez de l’ordinateur… 


Dernier a délaissé son jeu avec une balle. Il a poussé une des chaises de ses frères contre la table, grimpe d’abord sur la tablette du bas, puis celle du haut comme les deux marches de l’escalier qu’il s’est construit par sérendipité. Il a tôt fait de comprendre qu’en se retournant un tout petit peu on pouvait monter sur la table, hilare, heureux de son mauvais coup, pressé d’attraper tout ce qui s’y trouvait hors de sa portée, mon téléphone, le sopalin, des piles. 

Il a réussi à monter sur la table tout seul… 


Ça y est, la longue période de l’enfant terrible commence. Ça dure quoi, d’expérience, je dirais bien deux ans? 

Ça va être épuisant, mon dié!


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Heloise SimonDernier, progrès