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2021, grand vide et grand plein
 

Batailles choisies #194

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En deux mots:

Retour sur la soirée de la Saint-Sylvestre: mon mari propose de prendre les enfants chez sa mère. Alors, me demande ma sœur d’un air désolée, tu seras seule pour fêter le Nouvel An? Oh oui. Champagne.


 

Je suis seule dans une grande maison calme. Je n’aime pas particulièrement Nouvel An, suis heureuse d’échapper à cette fête sans intérêt et de passer une journée sans gamin. 

Je me lance dans un grand tri. Et ça me réjouit alors que je devrais détester de passer du temps libre à farfouiller dans les placards.

Je trie les vêtements en 4 à 5 ans et les place dans la boîte correspondante. Je trie les vêtements 18 mois et 2 ans qui traînent encore dans le placard de Petit. Je trie mes affaires de prof puisque pour moi, la rentrée attendra la fin de mon congé mat. Je trie des livres. Je fais une sélection parmi les mille gribouillages de Grand de l’année, je garde ceux que j’aime le mieux, je jette les autres. Je trouve des papiers à ranger depuis un bout de temps. Après étagères, boîtes et bibliothèques, je vais m’attaquer à la table basse, et puis aux placards, et ensuite aux jouets, oh oui! 


J’ai besoin de faire un peu de vide, ou au moins un peu de place, parce que c’est inévitable: dans un peu plus d’un mois, arrivera un bébé, un troisième enfant, et avec lui donc, du plein, du trop, du trop partout.


Il y a une période dans la grossesse où on est pris d’une énergie de rangement et de nettoyage. Je crois que c’est plus tôt, autour du 7e mois. C’est pour “faire son nid”, dit-on.

Là, je fais moins mon nid que de la place dans un nid déjà très encombré.


J’éprouve un plaisir certain à jeter, à trier, à donner. C’est un peu comme mettre des coches dans des listes, ce sont des petits pincements de culpabilité et d’angoisse (oh lala, il faut vraiment que je range les vêtements des enfants) que je laisse enfin derrière moi. Ce sont des tâches qui permettent de trier dans la tête, de prioriser.


Aux douze coups de minuit, je me sens si fière et légère d’avoir accompli ce travail de grande personne, sans enfants dans les pattes ni précipitation. Il faut du vide pour trouver des manières de faire tenir ensemble une vie intenable, à force d’emplir et de vider.  


Plus de place dans les placards, plus de place dans ma tête pour celui qui va marquer pour toujours mon année 2021.

 
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Un dépliant
 

Batailles choisies #181

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En deux mots:

Être un peu diabétique, ça craint énormément. Et aussi, on a monté le sapin de Noël. Il y a un rapport entre les deux.


 

Sans surprise, comme pour la première et la deuxième, je fais du diabète gestationnel pour ma troisième grossesse. C’est limite, c’est léger, sans gravité. Il faut simplement faire un régime.

Sauf que la façon dont l’endocrinologue me suit ici m’énerve au plus haut point.    


Un rendez-vous, loin, cher, pour me dire de me faire des tests de diabète à jeûn puis deux heures après le petit-déjeuner. Pénible.

Un appareil pour mesurer le diabète. Cher.

Un autre rendez-vous pour évaluer la situation est prévu dans deux semaines. Chiant. Youhou, j’ai deux enfants, je n’ai pas que ça à faire.


Ce matin, je me résigne, allez, je me lance dans son truc qui sert à rien.

Il y a bien six manuels à l’intérieur de la boîte.


Je trouve un dépliant dans une langue que je parle. 

Je l’ouvre en un.

Puis en deux.

En quatre.

En huit.

En seize.

En trente-deux, cherche une page, que je tourne dans tous les sens pour trouver le début, oui, allumer. Mais, elles sont où, les sortes de languettes, là?


Le problème des tests avant le petit-déjeuner, c’est que les enfants sont réveillés et attendent qu’on mange, pendant que j’attends de comprendre ce qu’il faut insérer dans l’appareil, et pourquoi il y en a deux, d’ailleurs, d’appareils.


Dans le salon, le sapin de Noël est décoré au goût chilien, il ressemble donc à un sapin de supermarché. Boules hideuses de toutes les couleurs et guirlandes lumineuses, dont le plus gros défaut est surtout qu’elles soient musicales, un medley qui grésille toute la journée, mon beau sapin, roi des forêts, jingle bells, vive le vent, on prend les mêmes et on recommence.


Mais comment on lit des instructions quand les enfants se courent après en se jetant des boules de Noël dessus, avec vive le vent, vive le vent de surcroît!


Lumière! Compris! Quoi? Les languettes ne sont pas inclues!

Oh, la, les enfants arrêtez, et ça va coûter combien, encore?


Il pouvait pas faire comme les deux autres, le médecin, me dire que je mange moins de pâtes et de riz? 

 
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Heloise SimonNoël, grossesse